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PIED ET SPORT DE GLISSE

 

Le premier sport de glisse hivernal, en dehors du ski, est de très loin le surf des neiges ou snowboard. La pratique du surf est exponentielle en France, en Europe et dans le monde.

En 1997, plus de 15% des pratiquants de sports d'hiver sont des surfeurs. Dans certaines tranches d'âge, chez les adolescents en particulier, ils sont plus nombreux que les skieurs traditionnels.

Le snowboard est abordé soit après avoir exploré les joies du ski, soit de plus en plus souvent en découvrant les sports d'hiver avec cette discipline.

Les disciplines

A ses débuts, aux Etats-Unis, le snowboard venait directement du surf aquatique. Le matériel s'en rapprochait, avec des fixations très simples, du type lanière de caoutchouc tenant des après skis. Ce système souple a donné naissance au "free-style" (il s'agit de pratiquer essentiellement le saut dans des zones naturelles ou aménagées du type "halfpipe").

Le matériel se compose de fixations et chaussures flexibles qui permettent une grande mobilité de la cheville et du pied. La planche de "free-style" est symétrique avec une spatule de chaque côté. Le surfeur est placé au milieu de la planche, les pieds en travers, ce qui lui permet de surfer aussi bien dans un sens que dans l'autre.

Les bottes de free-style laissent une totale liberté à la cheville, la dorsi-flexion du pied n'est pas limité. Les contraintes au niveau de l'articulation tibio-tarsienne sont maximales aussi bien en flexion dorsale qu'en rotation.

Ces bottes sont emprisonnées par un système de coques.

Des modèles plus récents dits "step-in" sont constitués par une botte avec des ergots fixes sur la semelle permettant un chaussage rapide dans des fixations situées latéralement.

L'autre type de pratique en snowboard dérive plus directement du ski alpin, c'est le surf alpin ou "free-carve". L'objectif est de pratiquer des virages serrés par accrochage sur la neige et inclinaison du corps à l'intérieur des courbes. Les planches utilisées sont plus longues, plus minces, plus rigides. Les fixations apparentées à celles du ski maintiennent des chaussures rigides qui imposent des contraintes importantes au niveau du genou et de la hanche. La mobilité du pied et de la tibio-tarsienne est très limitée, le centre de gravité est reculé par une position en arrière des pieds sur la planche.
Les chaussures utilisées ressemblent à celles de la randonnée à ski. La mobilité de la tibio-tarsienne est autorisée dans un angle limité, la rigidité de la chaussure bloquant la flexion dorsale de la tibio-tarsienne.

 

Les fixations à plaques ne comprennent aucune possibilité de déchaussage. La position de rotation du pied par rapport à l'axe d'évolution rend critique tout traumatisme en rotation au niveau des articulations du pied et de la cheville.

La troisième discipline du snowboard le "free-ride" est moins radicale. Elle permet des évolutions sur piste et hors piste. Cette discipline se pratique aussi avec des bottes souples, c'est celle qui tend à se répandre le plus à l'heure actuelle. Les planches sont d’une longueur intermédiaire.

Le surf est un sport asymétrique. Le mode de fixation pose des problèmes de sécurité difficilement solubles. Les débutants ont pris la mauvaise habitude, pour des raisons économiques, de commencer avec leurs propres chaussures de ski. Ils évitent ainsi de louer une partie du matériel. Cet abord du surf avec des chaussures de ski inadaptées puisque beaucoup trop rigides provoque un grand nombre d'accidents.

En position de descente, le droitier est dit en position "regular" et se déplace le pied gauche en avant, a contrario, le gaucher est dit "goofy" et se déplace le pied droit en avant. Cette distinction a un intérêt surtout pour le surf alpin, le free-style permettant des évolutions dans les deux sens.

La pathologie du surfeur au niveau des membres inférieurs se rencontre à 90% sur le pied avant.

 

Les traumatismes

 

La pathologie du surf représente un pourcentage important (18% en 1996 ) des accidents de sports d'hiver qui dépasse un peu le pourcentage des pratiquants. Ce risque supérieur est du au fait des débutants. Une très grande partie des accidents ont lieu dans les premiers jours, voir dans les premières heures de pratique !

Les types de traumatisme en surf sont très différents de ceux du ski alpin. Les fractures du poignet dominent la pathologie mais les lésions du pied et de la cheville sont fréquentes.

On rencontre en particulier des entorses tibio-tarsiennes de toutes gravités prédominant sur le plan externe. Elles sont accompagnées ou non de lésions d'arrachement (dia 1) ou de lésions ostéochondrales qu'il faut déceler dès le premier examen. Dans les chaussures rigides, l'entorse tibio-péronière antérieure et inférieure se manifeste par un point douloureux situé à l'intérieur de la malléole externe. Son diagnostic différentiel est important avec l’entorse du plan externe car le traitement et les délais de cicatrisation diffèrent.

Une lésion caractéristique du surf est la fracture astragalienne.( dia 2 ) Il peut s'agir soit d'une fracture complète articulaire soit d'un arrachement situé au niveau de la grosse tubérosité. Ces lésions sont difficiles à mettre en évidence sur une radiographie simple même de bonne qualité. Il faut multiplier les incidences, le profil interne qui n'est pas une incidence habituelle, met quelquefois en évidence un trait de fracture invisible même en rotation interne à 20°. Le scanner trouve ici une bonne indication pour visualiser le trait de fracture dans l'espace et vérifier l'atteinte articulaire.

Les fractures de la malléole externe simples ou déplacées ou associées à des lésions ligamentaires internes voire à une lésion de la malléole postérieure sont fréquentes.(dia 3) Ces lésions avaient quasiment disparu en ski mais réapparaissent en surf en raison de la grande mobilité de la cheville à l'intérieur de la chaussure.

Les fractures malléolaires viennent de la position du surfeur qui ‘’"ride’’ en position de rotation prononcée. Ces lésions vont quelquefois jusqu’à de spectaculaires luxations-fractures (dia 4) ou l’ablation de la chaussure n’est pas simple.

 

La micro traumatologie du surf est due à des contraintes de compression ou de frottement du pied dans la chaussure. Ces problèmes sont peu différents de ceux rencontrés dans les autres sports. L’adaptation de la chaussure à l'anatomie du pied et au relief osseux plus ou moins prédominant est possible grâce à l'utilisation de chaussons injectés dans les chaussures rigides.

 

La chaussure a une influence considérable sur le risque dans les sports de glisse, elle influe sur le type de lésion et sur leur fréquence. Par ailleurs, elle joue un rôle technique indéniable et chaque spécialité voit se développer des modèles spécifiques. Dans un premier temps, les modèles répondent aux exigences des sportifs, les contraintes de sécurité arrivent dans un second temps, avec la promulgation de normes obligeant les fabricants à sortir des modèles précis. Les normes existent pour les chaussures de ski, elles évoluent encore, alors que pour le surf aucune norme n'oblige les fabricants à restreindre la dorsi-flexion de la tibio-tarsienne par exemple. Ce sport change très vite et les modèles disponibles arrivent en nombre sur le marché sans études de sécurité avérées.

 

Dr M-H BINET

Centre Médical

74.110 AVORIAZ

Bibliographie :

Bailly A ; Taverney O : Loads transmitted in teh pratice of snowboarding .Skiing trauma and safety 10 th International Symposium ASTM STP 1266, 196-205, 1996.

Binet M-H, Laporte J-D, Constans J-D : La pathologie traumatique du surf des neiges. Schweiz Sportmed, Sporttrauma 1, 21-23 , 1994.

JANES Peter C. and FINCKEN Gerald T. Snowboarding injuries

Skiing Trauma and Safety. Ninth international Symposium

ASTM-STP 1182

Prall J-A, Winston K-R, Brennan R : Severe snowboarding injuries . Injury 26 ( 8) 539-542. 1995.

SHEALY Jasper E. Snowboard vs. Downhill Skiing Injuries : Skiing Trauma and Safety. Ninth international Symposium ASTM-STP 1182

Foot and snowboarding

 

Snowboarding is very popular now, in France, Europ and all over the world. It becomes an attractive sport for the teen agres. In this range of age, snowbaording is more frequent than skiing.

Soft boots are used by free style snowboarders.

Hard boots with plate binding are used by free carve snowboarders.

Ankle injuries are more commun among snowboarders wearing soft shell boots.

All kinds of ankle sprains whith or whithout associated fractures are found among snowboard injuries. A specific injury seems to be astragale fracture’s due to the rotational position of the snowboarder’s foot.